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      Réagir, mais aussi et surtout, réfléchir

Réagir, mais aussi et surtout, réfléchir

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  • 21 janvier 2015
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Après les événements dramatiques qui sont survenus en France et qui continuent de blesser nos cœurs, le temps est venu de prendre du recul et de passer de la réaction à la réflexion pour prévenir plutôt que de devoir guérir.


Quatre points pour réfléchir :

1- La liberté d’expression, oui… mais : un oui total à la liberté de dire ce que l’on pense mais non sans condition et sans limite. Voyez quand nous parlons : quoique totalement libres, nous veillons à la manière de dire les choses, aux mots choisis pour les dire, au ton utilisé, à la prise en compte des sensibilités de nos interlocuteurs, et tout cela est un art, un vrai art, un autre art !
La liberté d’expression est quelque part comparable à la liberté de circulation : on est libre d’aller où on veut (si encore on peut !) ; il s’impose cependant à tous des limitations de vitesse, des sens de circulation et même des sens interdits et des arrêts obligatoires (feu rouge, stop, etc). La liberté d’expression, comme tout ce qui est humain, n’est donc pas infinie. Elle a des limites définies par la loi et elle doit aussi savoir se donner des limites inspirées par le bon sens. C’est une illusion que de penser que notre liberté de nous exprimer est absolue. La liberté d’expression n’est pas un droit sans devoir de discernement. Il y a quelque chose de profondément adolescent à croire que la liberté d’expression se résume à un droit.

2- La liberté d’expression suppose la responsabilité d’expression. Nous sommes toujours engagés dans ce que nous disons. Les autres aussi. Là où on parle de responsabilité, il peut y avoir de la retenue, de la nuance ou même du renoncement car ce que nous disons peut avoir de bons échos mais aussi des conséquences dont nous sommes responsables. Je ne suis pas sûr, pour prendre l’exemple le plus actuel, que les dessinateurs de Charlie Hebdo mesurent et assument la responsabilité des violences (justifiées ou non) survenues en de nombreux endroits dans le monde suite à la dernière une de leur journal. L’image de toute la France apparaît abîmée, la haine se nourrit un peu plus encore contre les Français, des églises sont saccagées, des chrétiens plus violemment persécutés, des civils et des policiers tués. Il n’y a pas là le moindre amalgame, c’est la triste réalité. Allons-nous dire continuellement : ‘on s’en fout, on est libre’ ? Jugeons-en sereinement…

3- On ne peut pas rire de tout, quel que soit le genre littéraire que l’on utilise. Ces derniers jours, j’ai vu des journalistes de Charlie Hebdo pleurer amèrement, eux que je croyais capables de rire de tout. S’ils n’ont pas dessiné les corps de leurs confrères criblés de balles, ensanglantés et déchirés pour que nous en riions, n’est-ce simplement pas parce que la vie est sacrée et que, quand elle est atteinte, on n’en rit pas ? Pour un milliard d’habitants de la planète Terre, Mahomet, osons le dire, est une figure sacrée, et on ne peut se permettre d’en rire éperdument et obsessionnellement. Rassurez-vous, je ne deviendrai pas musulman pour avoir dit cela !

4- A force de rire du sacré, on le désacralise. A force de désacraliser, on tend à supprimer le sacré. Il serait naïf de notre part de ne pas apercevoir ce qui se cache dans des dessins mais qui se passe réellement dans les esprits. Il faut un peu de discernement pour se rendre compte qu’à notre insu, on détruit tout ce qui nous met en rapport avec la Transcendance. A n’en pas douter, c’est une œuvre des ténèbres dans la lumière de la satire et du rire. A nous d’y collaborer ou non !

Je pleure avec toute la France, non pas des journalistes –il n’y avait d’ailleurs pas que des journalistes qui ont trouvé la mort–, mais des personnes humaines.

Pour les victimes et pour les bourreaux, prions le Seigneur et demandons-lui un esprit de paix.

Père Pamphile Djokpé

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