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      Quelques rappels sur le sens des funérailles chrétiennes

Quelques rappels sur le sens des funérailles chrétiennes

Extraits de notes prises le 23 mars lors d’exposés de Sœur Bénédicte-Marie de la Croix Mariolle à l’ICP (Institut Catholique de Paris)


L’évolution de la relation à la mort et son traitement sociologique au cours de ces cinquante dernières années ont été vécus par chacun d’entre nous. L’éclatement géographique des familles, l’atténuation sinon la disparition des signes extérieurs du deuil, la gestion globale par les pompes funèbres remplaçant la prise en charge par l’Église, les contrats d’obsèques, le développement des pratiques d’incinération, la déchristianisation de notre société ont profondément marqué les comportements de nos contemporains et sans doute les nôtres aussi. D’une façon ou d’une autre notre relation intime à la mort en a été modifiée.

L’Église, elle aussi, a fait évoluer sa réflexion (cf. l’acceptation de la crémation après Vatican II) et ses pratiques (cf. le rôle des laïcs).

Face à ses tendances fortes et qui vont se poursuivre, il est bon de retourner aux fondamentaux de notre foi, d’examiner que dire en présence des familles de défunts, comment se comporter en face de nos interlocuteurs de moins en moins « éduqués » religieusement, d’analyser nos propres comportements individuels et collectifs lors des funérailles.

On peut articuler notre réflexion sur trois dimensions : une anthropologique, une rituelle, une ecclésiale. Comme dans toutes les civilisations, la ritualisation de la mort est héritée chez nous d’une longue tradition. Le rituel est de l’ordre du physique ; c’est une action dans la pudeur et le respect.

La liturgie pastorale est un itinéraire spirituel qui joue sur des lieux, des étapes, un chemin qui dans l’idéal (et c’était davantage le cas autrefois) allait de la maison, à l’église, au cimetière. Elle intégrait le sacrement des malades, le viatique, la toilette mortuaire, la veillée funéraire, la mise en bière, l’eucharistie et l’inhumation. Toute cette démarche qui donnait toute son attention, toute sa place au corps est en train d’être bousculée, condensée, compressée en temps et en lieu pour aboutir parfois à une crémation et à une dispersion des cendres. Tout conduit à faire disparaître le corps, cette mort qui devient signe d’échec.

Du point de vue anthropologique, on constate un déplacement culturel. On tend à estomper la mort y compris par avance. Elle n’a plus sa place dans la vie quotidienne. On veut éliminer l’angoisse de la mort dans la vie alors qu’elle en fait totalement partie. A ce sujet, on peut observer les contrats d’obsèques et les raisons invoquées pour se faire incinérer « je ne veux pas poser problème à mes enfants » (35% des demandes). On fait disparaître les signes révélateurs du deuil y compris dans l’habillement. Pourtant le deuil reste à faire. Son occultation crée de nombreux mal-être. En revanche, on renforcera ce qui est du domaine du virtuel (cf. présence sur les réseaux sociaux, message envoyé « de l’au-delà »).

Pour les chrétiens le rituel doit résister car il est signifiant. Les funérailles célèbrent la dignité du corps exprimée dans la Genèse « et Dieu vit que cela était très bon » (Gn 1,31). Le corps avec toute son histoire humaine, sa vie, ses joies, ses souffrances est signe du verbe incarné. Il est signe d’une réalité qui le dépasse et il est aussi signe d’une réalité à venir, celle de la résurrection. C’est cela que nous devons essayer de faire partager lors de nos entretiens avec les familles et signifier lors de la célébration.

Sur le plan ecclésial, il faut reprendre conscience aussi que les funérailles ne sont pas une affaire privée. Elles ne sont pas « une petite prière pour le défunt ». Elles doivent s’inscrire dans la dimension ecclésiale. Vatican II insiste sur cette dimension. L’église est le lieu où se réunit la communauté paroissiale, elle est donc le lieu de la célébration des funérailles, de la solidarité des baptisés.

L’Église dans la mort d’un baptisé célèbre le mystère du Salut. La Pâque de l’un de ses membres la concerne toute entière. Pour prendre tout son sens, il serait normal que le ministre de cette célébration soit un ministre ordonné (accompagné de laïcs) et que celle-ci soit une Eucharistie. C’est le Christ qui vient vers son Église et vers le défunt. C’est le Mystère Pascal.

Il faudrait aussi que les présents soient vraiment des participants et non des spectateurs (comment le vivre au funérarium ?). Alors cet accompagnement du défunt prend sa signification sur tous les plans.

Il est bon de nous remémorer ces « fondamentaux » lorsque nous sommes collectivement et individuellement sollicités pour assurer notre accompagnement des familles en deuil.

Quelques questionnements possibles :

  • Comment, malgré les circonstances matérielles actuelles, garder l’esprit des différentes étapes et assurer autant que faire se peut ce cheminement de la vie jusqu’à l’inhumation ? Comment expliciter au mieux cette dimension du corps verbe incarné, signe du salut ?
  • Comment donner ou renforcer directement ou indirectement la dimension ecclésiale ?
  • Accessoirement comment expliciter le don à l’église (facturation aux pompes funèbres, quête) ?

André Satin

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